L'imprimerie de labeur : le cœur de l'industrie graphique
L’imprimerie de labeur est la principale composante de l’industrie graphique. Elle couvre 80 % de l’emploi et l’essentiel du chiffre d’affaires total (près de 10 milliards d’euros). La domination de ce secteur au sein de l’industrie graphique tient au fait que ces entreprises peuvent intégrer le prépresse en amont et la finition en aval.
Les entreprises de 20 salariés ou plus représentent les trois quarts du secteur. Le nombre d’entreprises a fortement décru depuis 1993.
De nombreuses entreprises artisanales ont disparu. Parallèlement, des grandes unités se restructurent. Ces mouvements, voulus ou subis, résultent de la nature concurrentielle des marchés, difficiles à capter et encore plus à conserver. La perte d’un grand contrat détenu depuis longtemps est un facteur de déséquilibre pour certaines grandes imprimeries, notamment celles de plus de 100 salariés, au point de les contraindre à de fortes restructurations voire à la cessation d’activité. Les délocalisations expliquent aussi des fermetures d’entreprises. Elles sont essentiellement conduites par quelques groupes étrangers implantés en Europe via la France.
L’évolution de leurs intérêts a provoqué leur déplacement vers d’autres pays de l’Union européenne. En dépit de cette chute du nombre d’entreprises, le chiffre d’affaires progresse : il atteint 9,9 milliards d’euros en 2005, contre 8,9 milliards d’euros en 1993, traduisant des gains de productivité du travail. En effet, le nombre de salariés recensés dans l’imprimerie est passé de 103 000 en 1993 à 86 000 en 2005.
La finition : un secteur aval stable
Le secteur de la finition, situé en aval au sein de l’industrie graphique, n’a pas connu de forte restructuration. En 2005, 250 entreprises sont spécialisées dans les travaux de finition, soit 10 de plus qu’en 1993. Le poids des entreprises de 20 salariés ou plus est stable, ces dernières regroupent 85 % du chiffre d’affaires et de l’emploi. Celui des 15 entreprises de 100 salariés ou plus est également stable. Elles génèrent à elles seules 45 % du chiffre d’affaires.
Les effets de la concurrence étrangère se perçoivent sur quelques segments de l'imprimerie
À l’échelle nationale comme sur le plan mondial, la production d’emballages croît depuis plusieurs années. Cette croissance reflète surtout celle des emballages en bois et plastique, qui progresse en volume de 10 % entre 2000 et 2006. L’emballage en papier et carton ne suit pas cette tendance. Entre 2003 et 2004, son chiffre d’affaires recule de 2,6 %.
L’impression d’emballage, essentiellement axée sur les supports papier et carton, voit son volume d’impression reculer en moyenne de 2,7 % par an entre 2000 et 2006, du fait d’une forte augmentation des importations.
L’impression est souvent intégrée au sein même des usines d’emballages. De ce fait, une part de l’activité échappe aux imprimeurs : l’imprimerie de labeur couvre environ 70 % des produits d’emballages imprimés. Enfin et surtout, l’industrie de l’emballage est ouverte à l’extérieur. Sa production nationale ne reflète pas le marché. En 2005, la demande nationale a augmenté, alors que la production française a reculé.